Un petit samedi soir tranquille, après une sortie encore à Temple Bar voir s'il n'y aura pas un pub sympa dans lequel passer un peu de bon temps avec de la bonne musique... Ben en fait non, pas trouvé ce
soir. J'ai bien siroté un whiskey (pour changer un peu) dans un établissement pas loin de celui où j'ai rencontré mon autrichienne, mais seul, c'est jamais très évident. En fait, les groupes qui jouent
de la musique, c'est le pied car ça fait un centre d'intérêt commun tout de suite avec n'importe qui. Et puis au moins, le personnes seules peuvent se concentrer sur quelque chose plutôt que d'observer les gens...
Bref, je suis sorti histoire de ne pas passer ma soirée à regarder des films ou à continuer le nettoyage de la bicoque. Mais faut dire que comme j'ai déjà de la compagnie ici, c'était moins motivant que la
semaine dernière. En fait de compagnie, je prévois évidemment de me faire d'autres contacts ici. Lors d'une réunion avec des pontes du software irlandais à laquelle m'avait convié mon boss, j'ai rencontré une femme qui devait justement connaître mon boss car ce dernier ma présenté et nous avons causé. Elle m'a parlé d'un club de français à Dublin qui se réunissent les premiers vendredis du mois pour faire des activités. Ça peut toujours être intéressant de rencontrer des compatriotes. Elle m'a également causé d'amis à elle qui faisant, comme moi, de l'escalade sur un grand mur dans le centre universitaire de Dublin. Là encore, ce sera l'occasion de se nouer d'amitié avec des gens, mais du coin ce coup-ci (c'est bien beau les français, mais c'est que je dois perdre mon accent français moi... même si on me dit que je ne l'ai pas très prononcé).
Bref, je lui enverrai un mail lundi pour qu'elle me mette en contact avec ces gens-là. Parce que c'est bien beau d'avoir dégoté une Autrichienne dès le début de mon séjour, mais faut quand même varier un peu les plaisirs.
Sinon, pas grand chose de nouveau. Je découvre Dublin petit à petit, notamment parce que je rentre relativement tard le soir et que pour une raison qui m'échappe encore, je suis vidé de mon énergie en
rentrant. Je suppose que ça doit être l'air du large, ainsi que le changement de bouffe et le fait de se réhabituer aux transports en commun. À côté de ça, j'ai tout le temps faim. Je me nourris tant bien
que mal (c'est pas forcément la quantité qui manque, mais la qualité... en tout cas, les pâtes sont très mangeables ici, c'est toujours ça), mais j'ai tout le temps un petit creux. L'air marin également sans doute...
Le boulot comment à devenir un peu plus intéressant. C'est pas encore le grand pied, mais ça me permet de découvrir la conduite de projet sous Windows. Mon boss est pas trop sur mon dos, mais bon, je ne trouve pas que ce soit bien une lumière... OK, il arrive à vendre bien son logiciel et fait son chemin dans le business, mais bon, côté technique, je sens qu'il n'est plus forcément très performant. Enfin bon...
Je commence à m'habituer à mon lieu de résidence. Je râle contre les défauts dûs à un bâclage des ouvriers et j'ai toujours envie de tout refaire moi-même, mais je suis moins déprimé quand je vis dedans. Les odeurs et le bruits commencent à m'être familiers. Je récure au fur et à mesure ce qui se trouve dans la cuisine, et ça prend pas mal de temps vu la crasse. L'avantage, c'est que quand c'est enfin propre, on
voit clairement la différence.
Petite anecdote insignifiante... J'ai une petite plaie sur l'articulation majeure de mon annulaire, qui a du s'infecter étant donné le mal que ça me fait ne serait-ce que quand je frôle la zone entourant ce bobo (le mal... tout est relatif hein! Disons que ça me procure plus de douleur qu'une blessure de ce genre ne devrait). Bref, je décide de partir à l'attaque de cette infection en me charcutant un peu, histoire de retirer le pus blanchâtre. Le fait est que la plaie est assez profonde et que c'est pas forcément très appétissant de devoir remuer sa propre chair avec un coupe-ongle (seul outil chirurgical que j'ai en ma possession). Enfin le résultat, c'est que j'ai eu une espèce de malaise, avec vertige et nausée, parce que je me suis un tout petit peu charcuté une petite plaie sur un doigt! Décidément, je suis une vraie lopette à ce niveau-là!
Quelques impressions sur Dublin à présent. Ouais, je livre mes pensées pêle-mêle, car je n'ai pas forcément eu de grande aventure depuis la dernière fois.
Définitivement, c'est une ville bien. Je trouve que c'est relativement plus propre que Paris (pas besoin de marcher les yeux rivés au sol de peur de marcher sur une merde de chien), quelques bâtiments valent le
coup d'oeil (rien de bien spectaculaire, mais original), l'ambiance dans les rues le samedi soir est bon enfant avec des jupes ou shorts tellement mini que plus mini que ça, c'est une ceinture ou un tanga selon le vêtement porté. Il y a également quelques personnes déguisées dans ces mêmes rues, et alors chaque fois que je sors me balader, j'entends toujours un groupe de français. Toujours. À croire que nous commençons une invasion!
J'ai tout de même encore les églises et cathédrales à visiter, le grand musée de Dublin, une grosse partie de la rive Nord de la Liffey (le fleuve qui traverse Dublin d'Ouest en Est), enfin bref, encore des trucs à voir quoi!
En tout cas, les gens ici ont l'air beaucoup moins débiles qu'en France pour ce qui est de la circulation. Déjà, le truc qui m'a scié le cul, c'est le fait que les conducteurs ne s'engagent pas sur un carrefour si la route est encombrée, et même si le feu est vert. J'étais sidéré de voir les gens s'arrêter au feu vert, sans se faire klaxonner, attendant que la route se dégage de l'autre côté du croisement. Ouah! Ça faisait longtemps que j'avais pas vu des gens sensés comme ça. Sinon, le cyclistes portent très majoritairement un vrai objet lumineux quand ils roulent de nuit. Souvent des espèces de
bretelles réfléchissantes, ou bien des lampes clignotantes, ou encore carrément des grosses vestes jaunes fluo. C'est malheureux de s'extasier devant des choses qui devraient être considérées comme normales quand même... Enfin...
Justement, un truc auquel j'ai un mal de chien à m'habituer, c'est leur putain de sens de la circulation. Difficile de regarder du bon côté avant de traverser! Bon, je fais gaffe quand même hein, mais je manque clairement d'assurance dès qu'il faut traverser en dehors des clous. Tiens, d'ailleurs, ce qui est amusant et aide pas mal, c'est que sur les passages piétons, à côté du trottoir, il y a peint par
terre "Look right / left" ("Regardez à gauche / droite")... Par contre là encore, leur synchronisation entre les feux piétons et ceux des automobiles est assez dure à saisir. Autre détail, il y a un signal
sonore pour indiquer si l'on peut traverser ou pas. J'avais déjà vu (ou plutôt entendu) ça à Newcastle...
Ah si au fait, j'ai un petit truc à raconter. J'ai évidemment revue mon Autrichienne mardi soir. Rien de bien remarquable cependant : je l'ai invitée à boire un verre dans un pub style France des années 20-30 joliment décoré, ensuite nous nous sommes promenés dans les rues de Dublin. Ce week-end, elle fait un tour de reconnaissance à une future délégation de touristes (elle travaille dans ce domaine-là) dans toute l'Irlande... C'est fort dommage, car mon coloc' n'est pas là de nouveau... Bah! Une prochaine fois!
Ma foi, ça va beaucoup d'un coup d'un seul ! Finalement, quand on se balade dans les bons endroits, Dublin reste assez joli et agréable. Forcément, vu que j'habite dans un quartier moche, au début, je me suis fait de fausses idées... en attendant mieux.
Tiens, à propos de se faire... voici ma soirée d'hier.
Je suis donc allé hier soir à Temple Bar dans l'espoir de faire quelque rencontre (pas forcément à caractère sexuel d'ailleurs... enfin disons que ç'aurait été un plus, mais ma priorité était de pouvoir causer à des gens sympas).
Il est vrai que c'est un quartier animé : des pubs quasiment partout, des gens qui y entrent et en sortent plus ou moins éméchés, des éclats de rire, le tout dans quelques rues bordées de bâtiments souvent bien colorés (mais bon, il y a toujours cette impression de ville mal foutue qui traîne malgré tout). C'est fort plaisant en tout cas. De plus, malgré les petites ruelles sombres et humides dignes des endroits les plus malfamés des films américains où la pauvre fille manque de se faire violer avant de se faire sau(v,t)er par Spiderman, ces ruelles disais-je inspirent plutôt la confiance.
Bref, je me baladais sur l'avenue, le cœur ouvert à l'inconnu, j'avais envie de dire bonjour à n'importe qui. J'ai bien essayé sur une paire de françaises, mais elles n'étaient pas très réceptives les bougresses. Bon, je suis finalement rentré dans un pub qui à un nom celte pour prendre la température et un whiskey (petite pensée pour Mlle Marius). Bon, ma foi, les gens s'amusent. Mais en étant tout seul, on s'éclate déjà beaucoup moins. Je reste une bonne poignée de minutes avant de finir mon verre et partir vers des horizons que j'espère cléments (Ader).
Mon boss m'avait parlé d'un pub qu'il aimait bien et qui faisait également discothèque, ce qui aurait pu être intéressant pour voir un peu à quel point les filles irlandaises sont ouvertes (d'esprit, bien sûr). Je m'y rends donc (y'aurait pas moyen de faire un calembour ici?). L'endroit est assez grand, sur trois étages, mais seul le rez-de-chaussée fait vraiment pub, les deux derniers m'ont paru orienté bouffe. Un petit groupe de deux gars jouait des airs de rock, avec ma foi un certain brio. Bon répertoire, jolie voix. J'ai pris pas mal de temps à siroter ma Guinness histoire de faire passer le temps en écoutant la musique, cherchant désespérément du regard une âme solitaire avec qui je pourrais nouer contact.
J'ai bien eu l'impression d'avoir accroché une fille, mais il s'agissait d'un spécimen qu'on aurait pu sans hésiter classer dans la catégorie des boudins. Elle avait même pas l'air majeure en plus (il paraît qu'il faut avoir plus de 17 ans pour forniquer légalement dans ce pays...).
V'là t'y pas qu'un moment dis-donc, en faisant une n-ième fois le tour de la salle de yeux, je me fixe sur ceux qu'une charmante demoiselle qui m'avait l'air seule et fort jolie. Son regard croise le mien, le saisit et me le rend en échange d'un sourire. "Weeeeeeeeee!", me dis-je en français avec un accent marseillais. Seulement voilà, éternel problème qui est le mien et dont je me demande si j'arriverai à me débarrasser un jour, c'est que je ne sais comment l'aborder. Le fait que la musique est forte, que je ne suis pas encore méga-bilingue et que je ne m'étais pas fait spécialement beau (enfin je le suis naturellement, mais disons que je ne me suis pas mis en valeur), ne me donnait pas forcément plus de confiance en moi. Enfin le temps passe, on se refait deux ou trois fois la séance du "J'te regarde et ça te fait sourire". En fait, j'attendais un peu son départ afin de la rejoindre dehors et pouvoir me faire entendre et surtout comprendre ce qu'elle allait me dire sans avoir à la faire hurler et répéter dans mon oreille.
En fait, y'a même pas eu besoin. La demoiselle étant beaucoup plus dégourdie que moi (y'a pas de mal faut dire), c'est elle qui s'avance et qui me demande si je suis effectivement tout seul (enfin je crois, je ne me souviens plus trop des détails). Hop! Ça y est!
Bon, alors je lui sors un résumé des articles précédent en y mettant moins de style (langue anglaise oblige), on discute surtout de Dublin et de la vie irlandaise en général, des différences entre France et Irlande, et surtout d'etc. En fait, la chère enfant n'était pas seule contrairement à ce que je pensais, et elle me présente à un couple d'amis, dont la fille est moche et hollandaise et le mec est rien de spécial et pakistanais. Ah, au fait, il faut peut-être que je fasse un portrait de la demoiselle. Il s'agit d'une charmante jeune fille pas très grande, cheveux auburn coupés assez courts, yeux verts avec un liseret de marron sur le pourtour, un nez et des lèvres (celles du haut) fins, une poitrine que je me permets de qualifier d'honorable. Son style vestimentaire m'indique que ce n'est pas une pouffe, ce qui lui apporte encore plus de valeur. J'apprends par la suite qu'elle est autrichienne... tu parles d'une probabilité de rencontrer une autrichienne en Irlande, CE samedi, dans CE bar. J'aurais du jouer à la loterie tiens ! Bref, on cause dans ce pub pendant un moment puis mes nouveaux compagnons décident de continuer la soirée en boîte et me proposent généreusement de les accompagner. Il va de soi que je ne vais pas me le faire dire deux fois. Nous nous rendons donc au "Hurler à la lune" si l'on fait la traduction.
Ma foi, là encore, je fus agréablement surpris par l'endroit. C'est grand, encore sur plusieurs étages, non fumeur (j'insiste pas mal sur ce point durant mes derniers articles, mais il faut bien se rendre compte que la fumée dans les bars français est assez traumatisante par son omniprésence, à tel point qu'à chaque fois que je respirais durant cette soirée, je m'attendais à chaque goulée d'air de devoir organiser mes défenses naturelles pour contrer la nicotine. Mais non, rien, juste du bon air qui sent bon les gens et la bière), bien décoré genre cabaret, avec une piste de danse assez grande (et haute de
plafond). La musique était un genre de gadouille de tubes des années 80-90 avec un fond de techno... pas de quoi bander.
Autre truc bien, malgré le fait que ce soit en grande partie une discothèque, les boissons ne sont pas plus chères qu'ailleurs. Ça c'est youpi, parce que danser, ça fait soif dans la gorge.
Bref, on alterne danse et discutions pendant quelque temps. Surtout elle et moi en fait car le couple multinational nous fichait pas mal la paix (un peu trop pour que ce soit complètement innocent d'ailleurs). Tant et si bien qu'il s'est d'ailleurs fait la malle (je ne parle pas de la hollandaise) relativement tôt. Bon, à la façon dont elle me regardait, dont elle se dandinait, je me suis dis "Diantre, que le plancher est collant!". Bon, en fait, je m'étais mis en mode attaque, mais j'attendais une chanson plus propice (ouais, parce que bon, une espèce de R'n'B de merde, c'est pas vraiment glop).
Finalement, c'est sur du Shakira que nous avons échangé nos salives respectives. Ç'aurait pu être mieux, mais bon, ça urgeait. Et puis bon, après tout, hips don't lie (les hanches ne mentent pas).
Après quelques autres morceaux par forcément fameux, nous décidons de vider les lieux. De toute façon, les pubs et boîtes irlandais ferment leurs portes vers deux ou trois heures, et il était déjà deux heures et demie. Nous marchons main dans la main comme des petits n'amoureux jusque devant un bâtiment que j'avais réussi à reconnaître pour retrouver mon chemin, et nous nous séparâmes là, après une tendre séance de baisers, le traditionnel échange de numéros de téléphone et s'être donné rendez-vous, non pas dans dix ans, mais demain, c'est à dire aujourd'hui, en début d'après-midi.
C'est marrant, mais je me suis senti beaucoup moins déprimé hier soir en me couchant!
Bon alors maintenant, le récit de la journée.
Rendez-vous donc à 14h devant une des grosses églises de Dublin (Christ Church, c'est dire si le personnage est important !). En fait le but était qu'elle me fasse un peu découvrir la ville étant donné que ça fait trois ans qu'elle habite ici (enfin je crois... le problème avec l'anglais, c'est que j'ai un peu plus de mal à imprimer ce qu'on me dit). Elle m'a proposé soit une visite culturelle avec les musées, religieuse avec les cathédrales, dépensière avec les boutiques ou alors alcoolique avec la distillerie Jameson et la brasserie Guinness.
Bon, est-il besoin de préciser mon choix?
Nous v'là donc en route pour la distillerie Jameson qui est au nord de la ville, sur la rive gauche du fleuve Liffey. Coup de malchance, ce bâtiment est fermé pour rénovations jusqu'en mars. Diantre, ça commence bien ! Enfin bon, la brasserie Guinness n'est pas forcément très loin, nous y allons donc gaiement, dans le frais air de ce dimanche ensoleillé, le temps de faire quelques papouilles en attendant que le petit bonhomme passe au vert histoire de ponctuer un peu et puis aussi parce que merde, hein, c'est agréable.
Ah! La brasserie Guinness!
Quelques personnes m'ont dit que ça ne valait pas forcément le coup, mais personnellement, j'ai bien aimé. Bon, le prix à l'entrée est de 13E, c'est sûr que c'est douloureux. Ah oui, non parce qu'en fait, ma chère petite amie travaille dans un agence de tourisme, elle a donc réussi à négocier pour nous faire rentrer à l'œil (ce dont je lui suis reconnaissant).
Ce musée est bien agréable, que ce soit à la vue, à l'ouïe, ou au goût comme je raconterai par la suite (l'odorat et le toucher ne sont pas trop à l'honneur). Le décor est un mélange fort bien fait de vieux outils et de tuyaux, de vieilles cuves ou encore de montagnes de tonneaux avec de jolies verrières, des poutres métalliques qui font un enchevêtrement vert intéressant du point de vue de la perspective, avec un éclairage suffisamment tamisé pour que ce soit intime et clair pour qu'on puisse y voir clair malgré tout. Enfin bon, on y voit les différents ingrédients de la Guinness, comment ils sont traités et mélangés, comment la fermentation est effectuée, etc. Ce qu'il faut savoir, mais tout le monde le sait normalement, c'est que la Guinness n'est pas une simple spécialité irlandaise... C'est carrément un des symboles du pays, et cela est pris relativement au sérieux. Il y a une fresque des anciennes pubs Guinness, une salle qui rappelle tout de même que l'alcool, c'est avec modération. C'est pas un mal d'ailleurs parce qu'un des slogans des pubs et objets Guinness, c'est "Guinness is good for you" (Guinness, c'est bon pour vous), avec des articles scientifiques expliquant que la Guinness est un élément très nourrissant (tu m'étonnes!), qu'on peut lui trouver des vertus curatives (enfin... c'est surtout que vu la bouffe contenue dans une Guinness, ça refout juste un bon coup de gniak en cas de fatigue).
Re-enfin bon, le clou de la visite est tout de même une visite au "Gravity Bar" au septième étage du bâtiment où une pinte de Guinness est offerte. Ce bar est vraiment délicieux, car déjà, il se situe au sommet du bâtiment, et donc offre une merveilleuse vue de Dublin et des environs grâce à une baie vitrée panoramique. Il y a des tables tout autour de cette baie, ce qui fait qu'on peut vraiment bien en profiter en sirotant sa Guinness bien fraîche. En plus, le soleil était en train de se coucher (il se couche tôt dans ces régions nordiques), alors la vue sur les hautes collines du Sud, c'était
divin (20).
Mais pour en revenir à des choses plus intéressantes...
Nous voilà donc, buvant notre succulente bière en contemplant la capitale irlandaise, à discutailler (j'aime bien les phrases sans verbe... Je clair Luc, ne pas?). Nous causions de la suite du programme pour la fin de l'après-midi, et v'là t'y pas qu'elle me demande de l'amener voir là où j'habite. Bon, je ne suis peut-être pas doué pour décoder les messages subliminaux qu'on peut m'envoyer et j'ai déjà été déçu par des radasses qui me foutaient le feu au pantalon pour finalement me claquer leur porte au nez, mais là, LÀ, c'était quand même clairement une invitation à la braguette!
Qu'à cela ne tienne, je l'amène donc chez moi. Son avis sur ma demeure n'est pas aussi tranché que le mien, peut-être est-ce parce qu'elle s'est habituée au style dublinois et que je viens de quitter un appartement neuf, propre et chaleureux.
Bon ben hein... on a niqué!
Sa compagnie s'est arrêtée là car elle avait des trucs à faire pour demain. Elle s'est donc retirée (ah, je pourrais en faire des jeux de mots foireux ici!) après que nous avons décidé de nous revoir mardi soir (ça fait bizarre, mais il paraît que l'indicatif suit la locution "après que").
Ouf! Quelle journée! Je m'en vais manger un morceau ("sifflote") et glander ("re-sifflote")... Je suis vidé ("prend un air innocent").
Hier soir, mon coloc' m'a amené boire un verre avec des potes à lui. Je reconnais bien là ma veine car en fait, tous ses amis ont l'air vachement plus agréables et joyeux que lui ! Fallait que je tombe sur le blasé du groupe... J'ai pas mal causé avec un de ses potes qui est prof' de physique dans une université proche, et qui ressemble à une espèce de hippie (cheveux long et en bordel, petit anneau dans l'oreille, barbichette... look sympa quoi). Il me rappelle un peu Théo (seuls les épitéens verront). Très sympa et rigolo en tout cas. J'ai également pas mal causé politique avec un autre gars, qui m'avait l'air fort intéressé par les événements qui se passent en France.
Un truc amusant, c'est que Dublin ne paraît pas excessivement peuplé (en fait, elle ne l'est pas beaucoup : un million d'habitants, ce qui fait léger comparé à Paris). Nous n'avons pas croisé énormément de personnes dans le rues en y allant contrairement à ce que je m'attendais une veille de week-end. Mais là encore, il ne s'agit que de mes premières expériences, peut-être que l'exploration plus en profondeur de la ville montrera le contraire.
Par contre, c'est une véritable bénédiction que de pouvoir sortir et aller dans des pubs sans pour autant empester la clope jusque dans les fibres de ses sous-vêtements ! Pas de fumée, pas de mauvaises odeurs, pas de brouillard nicotineux, pas de mal de gorge ou de n'yeux... C'est vraiment le pied !
Enfin bref, j'ai bu quelques verres, nous sommes allés ensuite dans un autre pub au décor fort confortable, qui fait un peu salon bourgeois avec des canapés et des poufs (pas pouffes hein !) rouges. Pas de musique, on peut donc y discuter plus à notre aise.
C'est impressionnant à quel point la Guinness peut avoir un goût différent ici qu'en France. Bon, ce n'est pas non plus le jour et la nuit, mais je la trouve beaucoup plus savoureuse dans les pubs irlandais. Par contre, qu'est-ce que c'est lourd à boire ! Faut dire que je m'en suis envoyées quand même 3 pintes, soit un peu plus d'un litre et demi ! Mais c'était drôlement bon en tout cas.
Aujourd'hui, j'ai surtout fait des courses ce matin et du ménage cet après-midi. Ma chambre est à peu près propre, c'est ce qui compte après tout. Je compte faire beaucoup de bricolage histoire de rendre le tout plus présentable. Mais y'a du boulot...
Je me suis senti pas mal déprimé aujourd'hui... Faut dire que je suis tout seul dans une maison pourrie, ça aide pas (mon coloc' est parti à Belfast pour rejoindre sa copine). Et quand je mets de ma musique, ça me rappelle à quel point tout ce que j'ai laissé en France me manque... Bon, faut que je me ressaisisse non mais ! Pas évident quand on est tout seul, mais il le faut. Bordel de merde ! D'ailleurs, ce soir, je vais dans le quartier animé de la ville pour essayer de rencontrer des gens et me changer les idées. Peut-être même que je trouverai une irlandaise esseulée dans un coin qui ne demanderait qu'un peu de compagnie masculine... Enfin bon, faut pas rêver non plus. On va plus considérer ça comme une reconnaissance du terrain avant l'ouverture de la chasse.
Wish me luck!
Après la journée de bureau sans histoire, j'aménage donc dans mon nouveau home sweet home. Et bien je peux dire que mon ex-appartement du KB me manque énormément quand je passe le pas de la porte. Bon, alors comment décrire ça sans faire peur...? Bon, déjà les bons côtés. Je me situe DANS Dublin, à un quart d'heure de marche du centre ville et des trucs qui peuvent être intéressants. Ça va m'éviter les inconvénients des transports à chaque fois que je vais vouloir sortir et me balader. Ensuite, c'est une maison et non un appartement comme on l'entend. En entrant, il y a ma chambre sur la gauche, un escalier qui monte au premier étage où se situent deux autres chambres (celle de mon coloc' et une autre assez petite) et la salle de bain/chiottes, et en face, après un petit couloir, un trouve un salon. Par delà le salon se trouve une très grande cuisine, avec tout ce qu'on peut vouloir trouver dans une cuisine : micro-onde, machine à laver, frigo, cuisinière... Il y a même un petit jardin accessible par cette cuisine. Ma foi, pour un jardin dans la capitale, je le trouve suffisamment grand. Ça va être pratique pour sécher le linge ou pour faire bronzette quand la chaleur reviendra.
En fait, le gros, l'énorme hic, c'est que c'est une vieille bicoque de 80 ans qui n'est pas super entretenue ni par le propriétaire, ni par mon coloc' qui pourtant vit ici depuis 5 ans. Mais concernant mon coloc', j'y reviendrai. Le sol de l'entrée est recouvert vite fait d'espèce de tapis en plastique, ma chambre est en attente de recevoir de la moquette, les planches du salon sont assez dégueulasses, le tapis de l'escalier est sorti tout droit des années 70. Les murs sont sales, pas forcément droits, mal faits avec la peinture qui empiète sur les interrupteurs et le plafond (parfois l'inverse), des trous rebouchés à la va-vite. Les portes sont en bois qui ne m'a pas l'air verni avec des poignées mal fixées, la salle de bain est certes grande, mais manque cruellement d'espaces de rangement. Le jardin est une jungle de mauvaises herbes et quelques déchets viennent gâcher le côté sauvage, le portail qui donne sur la rue (oui, parce qu'il y a une espèce de carré d'herbe également devant) est rouillé comme doit l'être la carcasse du Titanic et ce fameux carré d'herbe n'est pas mieux entretenu que son grand frère dont je viens de causer. Je passe également les odeurs qui, bien que pas nauséabondes, ne sont pas des plus agréables. Ça sent le vieux, le renfermé, le sale. On arrive quelquefois à apprécier les effluves du vieux bois, mais c'est relativement rare.
Inutile de dire que je suis drôlement déçu quand je découvre ça.
Mon coloc' est un pur Irlandais de 32 ans, qui fait un boulot chiant dans un entreprise qui fait des trucs audio (genre audiobooks, cassettes pour apprendre une langue étrangère...). Ce type à une tête de blasé comme Toutankhamon a une tête de momie. Il est Droopy-esque à l'extrême! Mais bon, il aime les bouquins de science-fiction et Douglas Adams, alors on lui pardonne. Toujours est-il qu'il est, d'après mon boss, un Irlandais typique. Pas forcément dans sa façon d'être, mais dans sa façon de vivre. Le cliché du célibataire qui vit seul chez lui: ne range rien, ne lave rien, ne s'occupe de rien, ne prend pas soin de lui. Ça peut expliquer l'état de la maison... Enfin, ça n'a pas l'air d'être le gars chiant, donc je pense que tout se passera bien, même s'il n'éclairera pas ma vie comme mes deux anciens colocataires l'ont fait.
(Quand tu entends cette sonnette, tourne la page!)
Driling! Driling! Driling!
Dublin... Je me souviens du centre ville de Newcastle avec ses grands immeubles, ses rues propres et bien faites, son architecture moderne. En fait, Dublin, c'est l'inverse. C'est plat (entendre qu'il n'y a quasiment que des maisons, et que pour l'instant, je n'ai pas vu d'immeuble qui fasse beaucoup plus que 4 étages), il y a beaucoup de maisons comme celle où je vis, les unes à côté des autres, avec leurs vieilles briques rouges. En fait, c'est surtout ça qui caractérise Dublin : c'est une très vieille ville. Les rues ne sont pas toujours bien faites, de même que les trottoirs, il y a énormément de petits coins particulièrement moches, sombres, sales, encombrés de déchets. Ils ne sont pas sur la route, mais on ne peut pas ne pas les remarquer quand on se promène. Pour le moment, j'ai passé plus de temps à marcher dans des endroits pas forcément beaux ou agréables que de me balader en appréciant l'architecture des bâtiments. Mais bon, il faut dire aussi que je n'ai pas encore eu l'occasion de visiter le vrai centre ville.
Demain, le week-end commence ! Peut-être vais-je pouvoir m'adapter un peu plus à cet étrange endroit...
Ça y est! J'y suis! L'Irlande!
Je passe le voyage en avion qui ne fut pas des plus palpitants, de même pour le trajet en car jusqu'à mon lieu de travail qui fut sans histoire (ce fut ma première chevauchée pas fantastique à travers Dublin, mais j'y reviendrai). Mon boss me réceptionne donc en fin de ligne. C'est un type sympa, 37 ans, marié, 3 gosses. Étant donné que la start-up qu'il dirige est fondée sur un logiciel qu'il développe depuis 6 ans, il prend cette affaire très à cœur. Mais bon, pour le moment, tout va bien.
Alors en fait, le bureau ne se situe pas à Dublin, mais à Shankill, une tout petite bourgade relativement au Sud de la capitale. C'est un très joli coin, rustique et campagnard, avec la mer pas loin, ainsi qu'une tripotée de collines qui, m'a-t-il confié, renferment pas mal de jolies promenades à faire. Il y a également pas très loin une espèce de centre sportif où beaucoup d'activités y sont représentées. Apparemment, il y aurait également un ou deux sites d'escalade dans le coin... À voir.
La journée est consacrée à la découverte du logiciel sur lequel je vais travailler. Rien de très excitant...
Alors en fait, comme l'appartement dans lequel je vis n'est pas encore tout à fait libre à cause de rénovations, mon boss m'invite gentiment à passer la nuit chez lui. Sa petite famille étant française, ce n'est pas trop dépaysant. Là encore, pas grand chose à dire, sinon que je suis encore relativement désorienté de ma fraîche arrivée.
Je m'installe dans mon futur lieu de résidence demain normalement. On verra ce que ça donnera, mais pour le moment, j'ai la désagréable sensation d'être en transit.